Quel pays est le plus gros producteur de cacao?

Le cacao est la principale matière première à la fabrication du chocolat. Le cacao tel que nous le connaissons aujourd’hui est le produit de la torréfaction suivie du broyage des amandes de fèves fermentées du cacaoyer. Si dans l’antiquité, il était réputé pour être une nourriture des dieux et n’était consommé que lors de cérémonies rituelles ou religieuses chez les Mayas ; actuellement il fait le bonheur de nos palais. Les Mayas et les Aztèques (peuples de l’Amérique centrale) le consommaient sous forme de boisson chaude amère à laquelle ils ajoutaient du piment. Les Espagnols modifièrent cette recette en y ajoutant, au lieu du piment traditionnel, du sucre et d’autres arômes (cannelle). Mélangée à du lait, cette boisson revisitée à la mode espagnole connut un véritable succès en Europe. Le cacao envahit également le monde de la confiserie surtout en Suisse, en France et en Belgique. Citons quelques présentations du cacao pour nous mettre en appétit : en poudre avec de l’eau chaude ou froide ou avec du lait, sous forme de chocolat en plaques noires ou au lait, sous forme de chocolat blanc, sous formes pralinées, chocolat en bouchée ou en pistoles. Toutes plus délicieuses les unes que les autres mais à consommer avec modération pour ne pas nous mettre en surpoids.

Bien que certaines rumeurs le discréditent, le cacao a aussi ses lettres de noblesse dans le monde médical. La maladie du foie qu’on lui attribue n’est en fait que la conséquence d’une consommation immodérée, source d’indigestion. Sa supposée action hypercholesterolémiante est tout à fait volée. Les acides gras (acide oléique, acide linoléique) contenus dans les fèves ont, au contraire, un effet bénéfique sur le métabolisme du cholestérol. L’acide oléique diminue le mauvais cholestérol et augmente le taux du bon cholestérol. Le bon cholestérol prévient la survenue des maladies cardio-vasculaires.

En outre, le cacao est riche en flavonoïdes (les flavanols par exemple) dont l’action sur le système cardiovasculaire est maintenant mieux expliquée après des années d’étude. Les flavanols provoquent une vasodilatation et s’oppose à l’agrégation plaquettaire (c’est-à-dire la formation de thrombus) qui peut être à l’origine des accidents vasculaires. Les observations faites sur un peuple grand buveur de cacao semblent confirmer ces études. En effet, les Kuna, (peuple indien) vivant sur une île du Pacifique ont un faible taux d’accident cardiovasculaire, ils boivent cinq tasses par jour d’une boisson à base de cacao. Le cacao (et par extension le chocolat) est également une mine de sels minéraux comme le potassium, le magnésium, le fer, le cuivre, le manganèse et contient des agents antioxydants qui s’opposent au vieillissement rapide des cellules. Pour la petite histoire retenons que le cacao a suscité la méfiance de l’Eglise pour ses « propriétés aphrodisiaques ».

Le cacao représente une valeur marchande non négligeable, les fèves du cacaoyer ont servi de monnaies d’échange pour les Mayas et les Aztèques, puis le cacao a commencé à être exporté par les espagnols vers l’Europe. Sur le marché international, le cacao a connu ses heures de gloire en 1977, mais depuis ce pic, le cours s’est effondré. En moyenne les producteurs ne perçoivent que 5% des revenus, situation qui a inquiété l’Organisation des Nations Unies lors de sa conférence sur le cacao en 2010 : « (…) Les prix doivent être suffisamment rémunérateurs pour les producteurs, et la production plus efficace, afin de leur garantir un revenu décent ».

Selon FAOSTAT, la production de cacao était de 4,06 millions de tonnes en 2006, et l’essentiel de la production provenait de petits planteurs qui cultivaient moins de dix hectares. Suite à l’effondrement du prix du cacao, quelques planteurs commencent à délaisser le cacaoyer pour des cultures qui sont plus rémunératrices comme l’hévéa. C’est le cas en Côte d’Ivoire et au Ghana. Vers les années 1970, le Ghana, le Nigéria, la Côte d’Ivoire et le Brésil étaient les plus grands producteurs de fèves de cacao, cette culture s’est plus tard répandue dans d’autres régions telles que les îles du Pacifique, l’Indonésie. Les chiffres publiés par la FAO en 2006 sur la production en tonnes de fèves de cacao place la Côte d’Ivoire en tête avec plus du quart de la récolte mondiale (34,5%). Quatre autres pays africains font partie des grands producteurs de cacao : le Ghana qui est le deuxième mondial avec 18,1%, le Nigéria quatrième après l’Indonésie avec 12%, le Cameroun précédé de peu par le Brésil avec 4,1%, et le Togo huitième avec 1,8% devançant la Papouasie-Nouvelle-Guinée et le Mexique.

Il existe plusieurs variétés de cacaoyer : forastero, criollo, trinitario, nacional. L’Afrique produit essentiellement le forastero (80-90% de la production mondiale) qui est la variété la plus rustique ; mais également le trinitario qui est issu du croisement du forastero avec le criollo. Le criollo est réputé être le plus fin et le plus aromatique, mais il est fragile et facilement décimé par les cataclysmes naturels qui sévissent dans les régions où il pousse (Caraïbes, Antilles) ; il est produit aussi par le Mexique, le Venezuela, la Colombie. Le nacional est un forastero produit en Equateur, il est plus fin que le forastero classique.

Les transactions du cacao (importation-exportation) sont sous la responsabilité de l’ICCO (International CoCoa Organization) et le texte faisant référence est « l’Accord international de 2001 sur le cacao », accord qui a connu régulièrement quelques rectifications, la dernière en date étant celle de juin 2010. A l’exception du Brésil et de la Malaisie tous les grands producteurs de cacao en sont aussi les premiers exportateurs. Les plus grands importateurs sont les pays européens (les Pays-Bas, l’Allemagne, la Belgique, la France, le Royaume-Uni, la Suisse et l’Espagne) ; mais il y a aussi le Japon (où le broyage est surtout réalisé), les États-Unis et la Malaisie.

Le plus grand producteur de cacao est donc aussi le plus grand exportateur et ce, sur une période s’étalant de 1990 à 2006 où la Côte d’Ivoire a toujours détenu le record de la production du cacao.

 

Source : Secrétariat de la CNUCED d’après les données statistiques de l’Organisation internationale du cacao, bulletin trimestriel de statistiques du cacao

 

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