Quel est le plus grand drapeau au monde?

Le Sahara occidental est un territoire à la fois revendiqué par le Maroc et par la République arabe sahraouie démocratique (RASD) fondée par le Front Polisario en 1976, et considéré par l’ONU comme territoire non autonome s’il était sous protectorat espagnol de 1884 à 1976. Il s’agit d’un territoire de 266 000 km² situé au nord-ouest de l’Afrique, bordé au nord par la province marocaine de Tarfaya, au nord-est par l’Algérie, par la Mauritanie à l’est et au sud et dont la côte ouest donne sur l’Atlantique.

Si le territoire est revendiqué par le Maroc  qui l’appelle « Sahara marocain », il l’est aussi par la RASD dont la revendication est soutenue par l’Algérie.

Le protectorat espagnol :

Le Sahara occidental est placé sous protectorat de l’Espagne en 1884. La conférence de Berlin de 1884-1885 confirme la prise de contrôle et dès lors l’Espagne y établit des comptoirs commerciaux et une présence militaire. A l’époque, les tribus locales ont pu compter sur l’appui du sultan marocain pour défendre leur indépendance. Néanmoins, à la suite d’un traité, définissant entre autres les territoires, entre la France et l’Espagne au début du XXe siècle et lorsque le Maroc est placé sous protectorat franco-espagnol en 1912, le sultan ne peut plus apporter son soutien à ces tribus.

Ainsi, le Sahara espagnol est créé à partir des territoires de Río de Oro et de Saguia el-Hamra en 1924 et est administré en commun avec le protectorat de cap Juby (Tarfaya) mais séparément des territoires alors nommés Maroc espagnol.

Alors que l’Espagne est exhortée par l’ONU à décoloniser le territoire à partir de 1965, les trois pays dont le Maroc, l’Algérie et la Mauritanie n’arrivent pas à se mettre d’accord afin de pouvoir créer un front commun face à cette première qui s’en trouve encore plus avantagée. En effet, le Maroc et l’Algérie sont en conflit ouvert à propos du tracé de leur frontière commune tandis que le Maroc et la Mauritanie ont des revendications territoriales opposés au sujet du territoire. Plus tard, après dissolution de ces conflits, un front commun a enfin pu être unifié et d’un côté, des groupes locaux aidés par l’armée de libération nationale marocaine déclenchent la résistance armée afin de mettre fin à l’occupation hispano-française du Maroc.

Les accords de Madrid :

Après la marche verte organisée le 6 novembre1975 par le roi Hassan II du Maroc, l’Espagne signe les accords de Madrid, le 14 novembre 1975, avec le Maroc et la Mauritanie, dont un avis consultatif, quelques jours plus tôt, de la Cour internationale de justice confirme l’existence de liens historiques avec les populations du Sahara occidental. Pourtant, la conclusion de la Cour internationale de justice a été claire, les liens historiques n’étaient pas de nature à empêcher un référendum d’autodétermination. Néanmoins, le territoire est officiellement partagé et le retrait des troupes espagnoles, s’effectue entre 1975 et 1976. Le Sahara occidental revient pour les deux tiers nord au Maroc et le tiers sud à la Mauritanie, l’Algérie et les Sahraouis n’ayant pas été pris en compte.

Le conflit sans fin:

De là, à partir de la proclamation de la RASD par le Front Polisario à Bir Lehlou le 27 février 1976, le lendemain du départ du dernier soldat espagnol, et de l’attaque par incursions éclairs par le Front contre les forces marocaines et mauritaniennes, considérées comme nouvelles forces d’occupation, est né le conflit territorial qui perdure jusqu’à aujourd’hui. Si le 10 août 1979 un traité de paix dans lequel la Mauritanie cède sa partie du Sahara au Front Polisario est signé, le 14 août 1979, le Maroc annonce l’annexion de l’ancien territoire mauritanien allant jusqu’à ériger un mur de défense dans les années 1980, séparant le territoire en deux puisque les 20 % à l’est du mur étaient désormais sous le contrôle du Front Polisario.

En 1991, un cessez-le-feu favorisé par la médiation de l’Organisation des Nations unies met fin à la guerre d’embuscades du Maroc avec le Front Polisario mais le référendum organisé par les Nations unies sur le statut final a été reporté à plusieurs reprises et le Sahara occidental est toujours sur une liste des territoires non autonomes selon l’ONU depuis 1963, suite à une demande du Maroc.

Démonstration de force ou pure provocation ?

Le 12 mai 2010, le Maroc est entré dans le Livre des Records à Dakhla, la deuxième grande ville du Sahara, avec un évènement qui sort de l’ordinaire, organisé par le Cercle de la jeunesse marocaine. En effet, l’emblème du Royaume chérifien a été brandi sur le bord de mer de la ville de Dakhla, à 550 km au sud de Laâyoune, le chef lieu du Sahara occidental. Mais il ne s’agit pas de n’importe quel drapeau puisque celui-ci a des dimensions hors-normes, avec une superficie de 300m x 200m, autrement dit 60.000 m2, et un poids supérieur à 20 tonnes.

Vu d’un camp ou d’un autre, l’organisation ne pouvait pas échapper à une connotation politique.

En effet, un blogueur de Casablanca, du nom d’Anas Filali a déclaré :

« Il est certain que le gouvernement marocain a soutenu cette initiative, car il y avait le gouverneur de la ville et le représentant spécial du roi Mohammed VI. Et puis les membres du Cercle de la jeunesse marocaine, les instigateurs de l’évènement, sont venus de Rabat en avion, ce qui coûte très cher…(…) C’est la première fois que j’y allais et j’ai rencontré un grand nombre de Sahraouis. J’ai découvert que beaucoup aiment le Maroc plus que moi et que des larmes leur coulent des yeux lorsqu’ils en parlent. (…) »

De son côté, favorable à l’indépendance du Sahara occidental, un activiste pour les droits de l’Homme qui vit à Dakhla, Aamor Mohammed Saleme, a soutenu que le Guinness n’aurait pas dû valider le record, jugeant certainement le geste de ce dernier comme un cautionnement de la position du gouvernement marocain. Sa réaction a été très vive :

« La plupart des pays ne reconnaissent pas la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental, par conséquent cet événement n’a aucune légitimité. Guinness n’aurait pas dû valider le record. Je sais que l’État marocain est derrière cet événement. C’est lui qui a mobilisé les organisateurs et convoyé les spectateurs marocains. C’est également lui qui a assuré la sécurité. Et ce sont les forces auxiliaires qui ont déployé le drapeau. Comment une association ‘indépendante’ aurait pu trouver assez d’argent pour organiser tout cela ? »

Dans tous les cas, le record du plus grand drapeau du monde aura été un record spécial !

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