Quelle est la plus longue ligne de chemin de fer au monde?

Le chemin de fer est un transport collectif, il représente un service public qui participe énormément au développement économique d’un pays. Il facilite l’aménagement du territoire et l’urbanisation. De fait, le train est le transport idéal pour le fret et pour les déplacements à moindre cout.

Le transsibérien ou en Russe « Транссибирская магистраль » est la plus longue ligne de chemin de fer au monde. Cette voie ferrée relie Moscou à Vladivostok, elle fait 9 288 kilomètres, elle relie l’est à l’ouest de la Russie. Au commencement, elle a été conçue pour désenclaver la région isolée qu’est la Sibérie. Actuellement, elle est une destination très prisée des esprits aventureux qui rêvent de déserts à perte de vue, de mystères, de rencontres inattendues et qui n’ont pas peur des aléas et des inconforts des longs trajets.

Il faut en effet une semaine pour parcourir les vastes plaines de la Sibérie et faire des escales dans 990 gares. En une semaine, les passagers bercés par les sons des violons ou des balalaïkas ont largement le temps de tisser des liens d’amitié durables ou des relations éphémères qui vont se défaire à la fin de l’aventure. Bercés par les trépidations des wagons, les voyageurs peuvent siroter leurs vodkas en écoutant des chœurs chinois ou russes. Ils ont accès au wagon restaurant pour y apprécier le caviar ou le hareng fumé ; ils peuvent profiter du fumoir vitré ou de la collection de livres de la bibliothèque.

Les trains du transsibérien sont de véritables villes roulantes qui offrent plusieurs prestations de services par des techniciens spécialisés allant du barman, en passant par le cuisinier, le masseur, le coiffeur, l’électricien jusqu’au dentiste et même le médecin. A l’époque des Tsars, une voiture faisait même office d’église.

Le transsibérien est une voie ferrée que plusieurs trains empruntent, entre autres le Kama, le Ienisseï, le Baïkal. Il y a des bifurcations vers la Chine, celle qui passe par la Mongolie est le Transmongolien et celle qui la contourne est le Transmandchourien. Selon leurs trajets, les trains sont sous la responsabilité des Russes, des Chinois ou même des Mongoles. Dans tous les cas, sur chaque voiture, il y aura toujours le samovar de thé brulant.

Comme pour les compagnies aériennes les trains du Transsibérien offrent des niveaux de confort différents.

– La première classe ou spalny wagon est un compartiment fermé à deux couchettes ;

– La deuxième classe a quatre couchettes, elle est fermée ;

– La troisième classe, à l’instar des dortoirs, comporte quatre couchettes ou même plus dans des compartiments non fermés, parfois il ya même des couchettes dans les couloirs.

Les principales villes desservies par le Transsibérien sont Perm, Irkoutsk, et Iekaterinbourg. Perm est à 1 434 kilomètres de Moscou, il s’agit d’une agglomération dans le style soviétique (des grands bâtiments en série, des usines et des routes bitumées). Iekaterinbourg est la ville où furent assassinés le Tsar Nicolas II et sa famille, le 17 juillet 1918. Cette ville est située à 1 818 kilomètres de Moscou. L’arrêt le plus intéressant est celui d’Irkoutsk qui se trouve au pied du lac Baïkal à 5 191 kilomètres de Moscou, à l’est de la Sibérie. Le lac Baïkal est à l’image de la Sibérie car il est aussi vaste et étendu avec 80 kilomètres de large et 640 de long.

Chaque arrêt dans les gares est généralement bref, mais il dure entre 25 à 35 minutes dans les plus grandes agglomérations, c’est le moment pour les locomotives, les wagons-restaurants et les conducteurs d’être changés. Les voyageurs pourront en profiter pour descendre, pour prendre des photos, pour se mêler à la population locale et commercer avec elle.

Au départ, la Sibérie était une région reculée et sauvage peuplée par les Cosaques et les Tartares. Sa vocation était d’isoler les opposants politiques. La naissance du Transsibérien a permis de changer cette orientation, donnant à la Sibérie un aspect plus économique et culturel. Des paysans se sont installés, l’agriculture se développe, des villes se sont construites. La population de la Sibérie s’établit, pour la plupart, le long du Transsibérien où il existe une forte concentration des complexes industriels. En outre, cette ligne ferroviaire représente pour le gouvernement russe une infrastructure qui a un intérêt géopolitique vis-à-vis de la Chine. L’accès en Chine est facilité avec possibilité d’échanges économiques et la Russie voit augmenter ses chances  d’asseoir et de fortifier ses influences idéologiques.

La construction du Transsibérien a commencé à l’époque tsariste et a duré vingt ans environ. En 1888, la ligne qui reliait Samara à Oufa existait déjà et, depuis 1891, elle fut prolongée jusqu’à Vladivostok par ordre du Tsar Alexandre III. Le projet de construction du Transsibérien fut financé, d’une part, par des emprunts français et, d’autre part, par la compagnie internationale des wagons-lits. Le gros du travail était achevé en 1904 et des améliorations ont été entreprises plus tard avec l’introduction de voies plus lourdes permettant de plus grandes vitesses, l’utilisation pour la traction des machines de type articulé Mallet ou des locomotives compound.

La Sibérie et le Transsibérien est un couple légendaire qui a fait couler beaucoup d’encre. En 1905, le premier voyage offert par la Compagnie des wagons-lits, relaté par Albert Thomas, est publié en feuilleton dans le « Tour du Monde » et réédité par Magellan & Cie en 2007. En 1913, Blaise Cendrars a écrit la prose du transsibérien et de la petite Jehanne de France. Il travaillait à l’époque à Moscou, chez un horloger Suisse. D’autres œuvres plus récents ont suivi :

Le Transsibérien, un train dans l’histoire par Claude Mossé,

Paris-Pékin par le Transsibérien par Pierre et Agnès Rosenstiehl,

Seule sur le Transsibérien par Géraldine Dunbar,

et d’autres encore …

Certains voyageurs se sont contentés de distances moyennes en reliant des villes autour de Moscou. Les plus intrépides se sont lancés dans l’aventure de ce périple titanesque de 9 288 kilomètres où tout se passe pratiquement dans les trains et où la destination ne représente qu’un intérêt secondaire. Et vous, qu’en dites-vous ?

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